Pas si fi que ça, ou week-end à Hachijojima

De Hachijojima

samedi 16 juillet 2011
L’océan est-il notre ennemi ?
Assis en face de moi dans la position du lotus, on pourrait le croire en pleine méditation zen. Ses traits tirés, ainsi que le léger balancement trahissent, cependant, sa réelle préoccupation : garder son dîner à l’intérieur. D’autres se précipitent aux toilettes pour y rester pendant des heures. La longue houle du Pacifique semble avoir eu raison même des plus braves estomacs.

Hier, nous avons embarqué par une belle nuit d’été dans un navire plein à craquer. Nous étions prévenu : les réservations sont complètes, vous pourrez monter à bord, mais à vous le pont et les coursives. Ils nous font quand même cadeau d’une paire de bâches en plastique, et des couvertures sont en location à cent yens pièce. Nous avons vite l’impression d’être à la cour des miracles. Dehors, plusieurs groupes dégustent bières et chips, tandis qu’un groupe de pêcheurs sourds et muets s’est déjà endormi. Près des escaliers intérieurs, des filles font une soirée pyjama.

Sûr, nous en avons vu des merveilles. Le départ de Tokyo dans les lumières de la nuit, l’atterrissage d’un avion passant à quelques dizaines de mètres au dessus de nous, la lune pleine se couchant sur les rochers émergés formant les îles Onoharajima qui semblent marquer l’entrée d’un archipel plein de mystères, nous avons même cru sentir les fumerolles volcaniques de l’île de Miyakejima où nous fîmes escale. Mais en vue de la silhouette de chameau de d’Hachijojima, avec ses deux volcans, l’inactif Miharasan au sud et l’Hachijofuji au nord, nous ne pensons plus qu’à son exploration.

Au soir, impossible de dormir…
La température sous la tente doit atteindre les 70°, la température d’un sauna norvégien sans la bonne odeur de bois ; à l’extérieur, nous sommes dévorés par les moustiques, qui prennent un malin plaisir à signaler leur méfait en nous bourdonnant dans les oreilles.

Nous avons arpenté les rues bordées de palmier et d’hibiscus, roulé le long du rivage volcanique en face d’Hachijokojima, l’île où fut tourné le célèbre Battle Royale. Dans les eaux claires qui bordent l’île, nous avons pu admirer poissons exotiques, hippocampes et autres habitants de l’océan. Les insectes nous laisseront-ils un peu de répit pour notre sommeil bien mérité ?

dimanche 17 juillet 2011
Le soleil est-il notre ennemi ?
Mille deux cent marches, ce n’est que la fin d’un chemin qui nous conduit du camping en bord de mer au sommet du Hachijofuji à 854 mètres. Le dénivelé n’est pas si important, mais la chaleur torride : partis léger, nous sommes bientôt assoiffés. En montant, nous pouvons voir l’aéroport, lové sur la seule partie plate de l’île entre les deux volcans. D’en haut, nous voyons le Camelia-maru qui nous a amené, un aller-retour plus tard, faire son entrée au port. A l’intérieur du cratère, une végétation luxuriante donne l’impression d’un monde perdu peuplé de créatures monstrueuses.

Cependant, notre peau est devenue écarlate, et le moindre rayon de soleil nous est douloureux. Il ne nous reste plus qu’à attendre le coucher du soleil à l’ombre.

Au soir, que l’odeur du serpentin anti-moustique est agréable !
Les tambours, les fameux taikos d’Hachijojima, nous ont guidés dans la forêt du jardin botanique. Là un guide volontaire nous a montré un autre trésor de l’île : la grande variété de champignons bioluminescents. Alors que nos yeux s’habituaient à l’obscurité, nous avons vu le sous-bois s’allumer de lueurs verdâtres de forme et d’intensité diverses.

lundi 18 juillet 2011
Le vent est-il notre ennemi ?
Nous revoici sur le Camelia-maru. Ce matin, au réveil, le fond de l’air était plus frais, moins torride dira-t-on. Le vent s’est levé peu à peu, et tandis que nous démontions la tente, un vieux japonais tout sec – nous pensons qu’il s’agit de l’esprit du camping – est venu nous prévenir que nous ferions mieux de déguerpir : le typhon n°6 approche, et le bateau pourrait ne plus passer pendant plusieurs jours.

Nous abordions avec un vague noeud à l’estomac en pensant aux conditions difficiles, ce qui n’est pas le meilleur pour éviter le mal de mer, mais finalement nous avons du devancer le typhon, car après le départ d’Hachijojima, la traversé ne fut pas trop mouvementée.

Au soir, « ZZzzz »
Rien ne vaut un vrai lit, et un climatiseur à air.

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3 Réponses to “Pas si fi que ça, ou week-end à Hachijojima”

  1. Popa Says:

    Les week-ends doivent être relativement fatiguants…
    Il faut peut-être songer à une moustiquaire, on en fait de trés légères !
    ps : le 17 juillet s’est intercalé au mois d’août.

    Vivement le prochain récit.

    • maaaraag Says:

      Effectivement, j’ai marié août et juillet ! La date correcte et juillet. C’était relativement fatiguant, mais j’étais en vacances, donc pas de soucis.

  2. Elo Says:

    Je suis admirative du collegue qui a reussi a vaincre le mal de mer par la seule force de sa concentration. Moi, j’ai passe tout le voyage dans les toilettes…
    :/

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