Quand revient le vent de l’automne…

De KissAZima

Si il est une chose dont les japonais s’enorgueillissent (outre les sushis, les animes, les gadgets électroniques et les films de Yakuza) c’est de vivre dans le seul (!) pays du monde à avoir quatre saisons (je viens d’y penser, mais je ne sais pas comment ils s’expliquent les origines de la pizza éponyme). Cette richesse inédite, célébrée dans les Haïku, a un corollaire implacable : il ne faut pas traîner en route ! Ainsi début septembre, avec la rentrée des classes en ligne de mire, fini le supercool business dans les magasins et place aux châles, adieu baignade en mer et place aux méduses ; et même si le thermomètre sembler objecter le Donki commence à sortir les déguisements d’halloween.

Les temps changent ! Les cigales l’ont bien compris qui nous donnent dorénavant leur chant du cygne. Si dans la rue quelques yukata font de la résistance, la saison des feux d’artifices (花火) est belle et bien finie. Suntory nous matraque de publicité à la télé sur sa nouvelle bière Akiraku (秋楽, où « la joie de l’automne ») qui s’annonce un concurrent sérieux pour Akiaji (秋味, où « le goût de l’automne ») de Kirin. Des lampions s’allument aux coins des rues où l’on voit les mikoshi (神輿, sorte de temple portatif) qui attendent d’être transportés lors des festivals (祭り) de quartier, sous la lumière bienveillante de la lune. Il parait que c’est au 15 du huitième mois de l’ancien calendrier lunaire (soit avant-hier) que la lune est la plus belle, il y a une fête pour cela : le tsukimi (月見, où « regarder la lune »).

Au Ryogoku Kokugikan le tournoi d’automne a recommencé. L’Ozeki Kaio le vétéran ayant pris sa retraite au tournoi précédant, il n’y a plus de japonais dans les deux rangs les plus élevés du sumo. Harumafuji se serait bien vu dans le rôle du deuxième Ozeki mongol laissé vacant par la retraite d’Asashoryu, mais avec deux défaites dès le début ses espoirs ont été douchés. Dépêchons-nous d’encourager nos Ozeki européens tant que l’union existe encore, même si ce n’est brillant ni du côté de Baruto (3 victoires 2 défaites) ni du côté de Kotooshu (1 victoire 4 défaites) qui je crois est blessé.

Bon, avant d’être complètement hors-saison, quelques mots sur la campagne Kiss-A-Zima de cet été… Zima, c’est cette boisson qui a essayé un peu partout mais n’a percé qu’au Japon. Alcoolisée et sucrée en diable, un breuvage conçu dans un but très clair (se faire biberonner par les jeunes japonaises venues s’encanailler dans les bas-fonds de Tokyo). C’est peut-être justement cette image de boisson de fille qu’ils ont voulu casser en proposant cet été le « Kiss-A-Zima » : pour chaque bouteille achetée, un moulage en silicone de lèvres féminines. Le but est de les fixer au goulot de la bouteille et, moyennant un certain effort d’imagination, on se retrouverait en train d’embrasser son actrice préférée.

Je l’admet, les réactions à ce genre de campagne peuvent aller de l’amusement au dégoût, en passant par le « mais tout ceci est-il vraiment hypoallergénique ?! ». Lors de l’évènement de lancement, il semblerait que les personnes du marketing aient insisté sur le fait que nombre de jeunes (mâles) japonais souffraient d’une affection chronique : le déficit de bisous. Des « scientifiques » bien informés auraient jugés que toute personne ne donnant/recevant pas au moins un bisous par mois serait en déficit. Maomi Yuuki (優木まおみ), chef de file des participantes à la campagne cette année, multi-talent à la japonaise (c’est à dire actrice, chanteuse, modèle en bikini, présentatrice TV et radio-amateur 4 kyu), a déclaré qu’elle était heureuse de pouvoir lutter contre le déficit de bisous. Le responsable de Zima au Japon a ajouté que la guérison définitive était dans les vrais bisous, et qu’il serait ravi que ceux qui auraient éventuellement besoin d’un petit remontant avant de faire le premier pas se tournent vers le Zima…

Ce serait donc déjà l’automne (et premier anniversaire de réactivation du blog) ? Qu’à cela ne tienne, il ne reste plus qu’à relire « Le coupeur de roseaux » pour se mettre dans l’ambiance, retrouver le tsukimi burger de MacDonalds (qui revient tous les ans en septembre), et attendre la fin du mois où, avec la baisse des températures, on devrait définitivement suspendre les mesures d’économie d’électricité et retrouver l’indispensable sèche-main électrique dans les toilettes publiques.

Publicités

3 Réponses to “Quand revient le vent de l’automne…”

  1. Elo Says:

    Aaaaah deguster un bon Tsukimi burger et une bouteille de Zima au clair de lune… il n’y a que ca de vrai!

  2. Popa Says:

    Sympa l’idée…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :