Gala-gla

Avant que la saison de ski ne soit tout à fait finie, il est grand temps de poster ce compte-rendu de ma première escapade à Gala Yuzawa.

« Un long tunnel entre les deux régions, et voici qu’on était dans le pays de neige »

Il en aura fallu du temps pour que je mette finalement le pied dans la préfecture de Niigata et que je puisse dépoussiérer la célèbre citation par laquelle tant de jeunes gens on étés introduits à la littérature japonaise. Mais ce samedi, l’expérience était à la hauteur de l’attente. D’un côté l’orient rosissant portait les promesses d’un jour d’hivers radieux, de l’autre, au sortir du souterrain, le blizzard.

Arrivés à Echigo-Yuzawa, étrange sensation de déjà vu, la bordure de la fenêtre du train se situe exactement au niveau du sol, et nous voyons les skieurs impatients se ruer hors du train en légère contre-plongée ! Ce n’est pas tant un rappel du fameux « plan tatami » de Ozu qu’une réminiscence du RER A, et une première pour moi dans le Joetsu shinkansen (Joetsu est le nom de la ligne, le nom du train est « MAX Tanigawa »). A ma connaissance c’est le seul shinkansen à deux ponts, d’ailleurs la combinaison du nez allongé présent sur tous les shinkansen avec la légère surélévation dûe aux deux étages lui donne un air légèrement pachydermique.

Nous repartons pour deux minutes pour arriver au terminus Gala-Yuzawa, la station de shinkansen qui fait également office de station de ski (où alors l’inverse). Nous sommes a moins de une heure et demie de Tokyo, a peine sortis du train que nous voila au guichet pour échanger les forfaits de notre « Gala hikaeri ticket » (un ticket pour une journée qui comprends le shinkansen, le forfait et une réduction de 10% sur la location pour la pas si modique somme de ~13000 yens). Au guichet, les langues parlées par le staff sont indiquées par des pancartes, et il y a même un guichet francophone ! A coté un écran plat nous annonce la couleur : -7 degrés et 340cm de neige (évidemment rien de comparable avec la vague de froid qui a frappé la France au même moment). Forfait échangé, a deux pas, la file pour la location. Le matériel est plutôt bonne qualité par rapport à d’autre stations. Ensuite les casiers (à 1000 yens ils ne sont pas donnés), et à peine le temps de dire « ouf! » nous voilà déjà dans les oeufs, sans avoir même a nous exposer a la neige insistante et au vent hiémal. Du moins pour le moment…

A Gala, les remontées mécaniques portent le nom de voitures. Voitures a l’ancienne, tirées par des chevaux. C’est d’ailleurs l’occasion d’apprendre du vocabulaire : Phaeton, ce n’est pas que une figure mythologique ou une automobile de marque ; mais aussi sociable, barouche, buggy… Et si jamais vous n’avez pas la moindre idée de ce a quoi ces mystérieux attelages ressemblent, pas de panique, il y a une jolie illustration façon art déco sur le fronton de chaque bâtiment de télésiège. D’ailleurs nous voila vite arrivés au terminus de la diligence. Nous enchaînons de suite pour aller au sommet de la station qui culmine a 1181 mètres, et découvrons vite que sur les sièges, avec la neige et le vent de travers nous nous refroidissons vite. Enfin l’arrivee au sommet nous permet de faire notre première descente sur la piste appelée Grenoble, ce qui ne manque pas de réjouir l’ami savoyard avec qui je suis parti.

La station de Gala n’est pas bien grande, les pistes ne sont pas bien pentues, par contre la neige est au rendez-vous en termes de qualité et de quantité (peut-être même un peu trop sur ce dernier point). Le matin toutes les pistes ne sont pas ouvertes, et nous commençons a tourner en rond sur les deux pistes qui sont ouvertes en premier quand, a l’approche de l’arrivée du télésiège nous entendons une annonce comme quoi une nouvelle partie du domaine est ouverte : juste le temps d’arriver et nous sommes parmi les tous premiers a faire les traces dans la neige ! Notre chance ne devait pas s’arrêter la : alors que un peu plus tard nous redescendions pour vérifier si la liaison avec une autre partie du domaine était ouverte, nous voyons un pisteur (ici ils s’appellent patororu) discuter avec trois japonais et leur ouvrir la piste. La encore nous sommes les premiers a faire la trace dans la neige tout juste tombée.

Par contre certaines pistes ne devaient pas ouvrir du tout ce jour la. Depuis le télésiège nous voyons le staff de la station descendre le long des pistes fermées, avec de la neige jusque la poitrine, pour remonter les piquets de délimitation des pistes sur le point de se faire submerger par la nouvelle neige.

Comme le fait justement remarquer mon ami savoyard, nous sommes dans une station facile a atteindre depuis Tokyo, donc sûrement branchée : encore plus que a Hakuba, la musique (une soupe J-pop qui varie de audible a infâme, parsemée de quelques bons morceaux qui s’ils ne sont effectivement pas désagréables a écouter n’en sont pas moins hors de propos) est omni-presente, et parfois (sous les poteaux de télésièges) au niveau sonore d’une discothèque. Ah… le calme de la montagne.

Toute journée au ski mérite son katsukare (curry avec côtelette de porc pane), dont acte. Mais a peine assis, voila qu’arrive une petite famille japonaise qui nous demande si ils peuvent prendre nos sièges une fois que nous aurons fini. Il faut dire qu’il y a foule. Mais du coup alors que nous venions juste de commencer de manger, les enfants de la famille nous regardaient avec de grands yeux affamés comme les petits orphelins dans la boulangerie… Enfin heureusement, ils ont fini par pouvoir manger leurs spaghetti bolognaises !

Sur le chemin du retour, nous avons pu profiter d’être assis a l’étage supérieur du shinkansen, qui est vivement recommande si vous voulez voir autre chose pendant le trajet que des murs anti-bruit. Entre les stations de Gala et de Echigo-Yuzawa, sur la gauche, un adorable petit temple dans la foret : le haut du tori vermillon qui garde tant bien que mal la tête hors de la neige a attire mon regard, tandis que juste dans l’alignement le toit du temple, recouvert de trois mètres de neige est seul a dépasser de la couche de trois metres de neige.

Après cette expérience intéressante mais rude a Gala, j’ai eu la chance de pouvoir y retourner, cette fois-ci par beau temps. Ce qui m’a permis de prendre quelques photos et a permis a un ami canadien de faire la video du début de l’article.

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3 Réponses to “Gala-gla”

  1. Elo Says:

    J’ai hâte d’essayer ça demain! Cependant, je crains que l’ambiance ne soit plus tout à fait « hiémale » un 20 mars (et vive la neige de printemps!).

  2. Popa Says:

    C’est avec un très grand plaisir que nous retrouvons cette chronique, cette fois superbement accompagnée.
    Nous sommes dans la soupe ici maintenant !

    • maaaraag Says:

      A vrai dire nous y sommes retournes hier, et on commence a avoir des conditions de printemps (soupe sur le versant sud, verglas sur le versant nord).

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