Archive for the ‘Histoire Japon’ Category

Les trois filles du seigneur Azai

janvier 23, 2011

Après le tournoi de Go et le Kohaku gassen, voici venu le temps de présenter une autre institution de la NHK, le Taiga (littéralement : grand fleuve). Comme son nom l’indique il s’agit d’une série fleuve qui est programmée à une heure de grande écoute, toutes les semaines le dimanche à 18 heures, jusque fin novembre, soit 47 épisodes de 45 minutes. Chaque année une nouvelle série en costume qui romance des faits de la grande histoire du Japon.

Cette année le taiga est titré « Go : Himetachi no sengoku » (littéralement « Go : La période des contrées en guerre des princesses »). Il traite de la vie de trois princesses, filles du seigneur Azai, daimo de la province d’Omi, au nord du lac Biwa, de la chute du chateau de leur père et leur vie en exil à leur (plus ou moins) grand-âge. Go, l’héroïne du drama est la fille cadette.

Ce qui a piqué mon interêt au vif, c’est que j’ai découvert les publicités de ce drama juste au moment où je finissais « Le château de Yodo » de Inoue Yasushi, acheté à Kinokuniya. Le rapport ? Le livre couvre exactement la même période, la même histoire que le drama, mais traite tous les évènements du point de vue de la soeur aînée, Chacha !

Pour présenter le contexte historique du drama, le musée Edo-Tokyo, bien connu des touristes comme le musée juste à côté du Kokugikan permettant d’attendre au chaud que les combats de makuuchi commencent, a même fait une exposition dédiée spécialement à la famille de Go, avec quelques beaux objets.

Trois hommes ont été les figures prominentes de la réunification du Japon au tournant des XVIème et XVIIème siècles. Trois hommes de la même génération ayant chacun servis dans l’armée de l’autre avant de lui succéder.

Le seigneur Azai fut un allié de Nobunaga. A cette époque où, à l’instar de notre moyen-âge les femmes servaient à cimenter les alliances, Nobunaga a même arrangé un mariage entre Azai et sa soeur. Mais plus tard le jeu des alliances force Azai à combattre un Nobunaga achevant l’unification du centre du Japon. L’attaque finale est menée par un général de talent Hashiba. En 1573, le château de Odani est assiégé, et se consume des flammes de la défaite. Nobunaga, cependant, fidèle à son sang, permet à sa soeur Oichi et à ses trois filles de s’échapper, et de ne pas être forcée de suivre le seigneur Azai dans son suicide rituel.

La plus âgée est ChaCha, puis vient Hatsu, la cadette est Go. Elles nourissent alors des sentiments plutôt équivoques pour leur oncle, meutrier indirect de leur père, mais aussi leur sauveur, leur hôte puisqu’il leur permet de vivre dans un de ses châteaux, et également l’homme le plus puissant du Japon. La vie fut douce pour quelques temps, j’imagine que Nobunaga voyant dans sa parenté de formidable occasions d’alliances devait s’assurer qu’elles ne manquaient de rien.

Mais de nouveaux nuages se profilent. En 1582 Oda Nobunaga tombe dans un piège tendu par l’un de ses généraux, Mitsuhide Akechi, il s’agit de l’accident de Honno-ji. Il est forcé au suicide. Comme toujours lorsque l’homme fort du moment tombe, une réaction en chaîne se déclenche. Hashiba qui était en mission dans le sud lorsque l’événement se produit, fait marcher ses armées en force vers le nord : il écrasera le général rebelle et pourra ainsi prendre la succession de Nobunaga.

Nobonaga mort, plus personne n’est là pour s’occuper de Oichi et de ses trois filles. Oichi se remarie donc avec Katsuie un puissant général de feu Nobunaga, et habitent pour un moment au château de Kitanosho.

Hashiba qui se fera ensuite appeler Toyotomi Hideyoshi, est un drôle de bonhomme. D’origine très humble, plus que n’importe lequel de ses contemporains, il s’est hissé au sommet de la hiérachie grâce à son intelligence. Son surnom de « singe » lui vient-il de son air vaguement difforme ou de sa ruse ? sûrement un peu des deux. Son ambition n’a pas de limites aussi à peine le deuil de Nobunaga terminé, il se remet en campagne.

Katsuie en tant que grand général tente de se mettre en travers de la route de Hideyoshi. Mais ce dernier, usant de son habileté proverbiale, il ne tarde pas à défaire tous les Daïmos se mettant en travers de sa route. Cela finit encore dans les flammes : le château de Kitanosho se consume et dans le brasier, Chacha, Hatsu et Go voient disparaître leur mère, lassée de cette vie d’errance et restée fidèle à son second mari dans le suicide.

A partir de ce moment, Hideyoshi, qui aura par deux fois provoqué la destruction de leur foyer (puisque qu’il participa également à l’assaut contre Azai) prendra les trois orphelines sous son aile. Hatsu qui des trois aura finalement la vie la plus rangée, se marie avec Kyoguku Takatsugu. Go trouvera également un parti. Hideyoshi, homme à femmes, prendra Chacha pour concubine. Cette dernière devra vivre dans la magnifique demeure du Jurakudai avec de nombreuses autre concubines ainsi que la terrible Dame du Palais du Nord, première femme de Hideyoshi, de basse extraction, dont les couleuvres lui sont particulièrement difficiles à avaler à elle qui est d’une noblesse bien supérieure.

A quelque chose malheur est bon: Chacha s’avère être la seule des concubines à pouvoir porter la descendance de celui qu’on appelle Taiko (littéralement : Grand Rapporteur). Cela lui vaut de se faire construire son propre chateau, au sud du lac Biwa, le long de la rivière Yodo. Elle sera désormais appelée « Dame Yodo » et mettra au monde, en 1593, après un premier fils mort en bas âge, Hideyori, fils de Hideyoshi, destiné à régner sur le Japon.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Go voit son premier mari, puis son second mari mourir tous deux à la guerre. Hideyoshi ne peut se contenter du territoire japonais et lance deux attaques sur la Corée qui ne seront pas couronnées de succès (les coréens avaient entre autre cette arme terrible). Il installe également un magnifique chateau à Osaka… dont la réplique ravi le touriste en vadrouille. Et le Taiko sent le poids des ans et voit sa santé rapidement décliner. Il est contraint de prendre des mesures pour sa succession… alors que son fils n’a encore que 5 ans !

Il est décidé que le pouvoir serait partagé entre cinq sages qui assureraient l’intérim sur le royaume jusqu’à ce que Hideyori ait atteint l’âge de régner. Les des cinq et pas le moins influent ni le moins remuant est Tokugawa Ieyasu. Pour s’assurer, ou pour le moins tenter de s’assurer de sa loyauté, Go est mariée, il s’agit de son troisième mariage, avec Hidetada le fils de Ieyasu, de six ans son cadet.

Hideyoshi disparu, il ne faut pas longtemps pour que Ieyasu devienne l’homme fort du pays. Depuis son fief d’Edo, il est en bonne position pour priver le jeune Hideyori de son héritage. Une guerre éclate entre les Tokugawa et les alliés de la maison d’Osaka, guerre qui finira par la bataille célèbre de Sekihagara en 1600, où les partisants des Toyotomi se font vaincre.

Tokugawa devient alors Shogun, chef militaire de tout le Japon, titre qu’il abdiquera bientôt en faveur de son fils (qui est déjà adulte). Go aura la joie de devenir la mère de Iemitsu qui deviendra en temps voulu le troisième Shogun.

Une dernière et douloureuse page reste à écrire. Les partisants des Toyotomis, vaincus, ont toujours Hideyori, à l’abri dans son château à Osaka avec sa mère Chacha, derrière qui se rallier. En 1615, ce dernier est enfin adulte et apte à assumer son héritage, que les Tokugawa ne comptent pas lui rendre !

Le château d’Osaka est assiégé une première fois à l’été. Une trêve est conclue, mais au printemps suivant le siège recommence. Nul doute qu’il s’agit cette fois-ci du combat final. Les partisants des Toyotomi comptent quelques grands généraux, comme Sanada, ses ombres et ses 10 ninjas (à lire absolument: « La geste des Sanada » de Inoue Yasushi encore) ; mais l’infériorité numérique, même en comptant les rônins recruté à la hâte, est trop défavorable.

Pour les trois soeurs du seigneur Azai, qui ont vu par deux fois leur demeure brûler dans leur jeunesse, il s’agit d’une lutte sororicide : aussi bien Chacha comme Go doivent assurer un avenir de chef, de Shogun, de guide de tout un pays à leur fils. Hatsu, neutre, tente de négocier, tente d’éviter l’inévitable… en vain. Acculés dans leur château, leur fidèles généraux morts, Chacha et Hideyori sont contraints au suicide.

Le Shogunat Tokugawa durera pendant environ 250 ans jusque à la révolution Meiji. C’est lui qui changera la capitale de Kyoto à Tokyo. Go se verra offrir la plus haute distinction possible pour une femme, et verra ses enfants régner sur le Japon. Comme ils le disent si bien dans la bande-annonce, elle aura pu appeler Oda Nobunaga : oncle ; Toyotomi Hideyoshi : beau-frère et Tokugawa Ieyasu : beau-père. Ces trois soeurs auront vécu au coeur des grands changements de leur époque.

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Ginkgo pattes de canard

novembre 28, 2010

Sous ces longitudes, le Ginkgo remplace souvent le platane en tant qu’arbre d’alignement de choix. En cette saison ils nous offrent un spectacle magnifique avec leur couleur jaune d’or, même si il faut savoir faire abstraction de l’odeur où alors la tourner de façon poétique : « Cela me rappelle Hiyoshi ».

Il existe des livres entiers dévolus aux diverses spécificités de Ginkgo (je sais même où les trouver ^^). Traitent-il de ce problème : mais d’où vient le nom de cet arbre, et comment ce fait-il que en japonais ils se nomme Ichou (イチョウ), en katakana, ce qui indique un mot d’origine étrangère ?

« Ginkgo » ça fait réfléchir : c’est visiblement le nom de cette arbre en français et en anglais, mais phonétiquement et graphiquement on voit bien que ce n’est pas un mot de ces deux langues. Cela ressemble presque à un mot japonais, mais pas tout à fait, et comme on l’a vu ce n’est pas du tout le mot qui est utilisé dans cette langue…

Heureusement la solution se trouve encore une fois partout sur internet, visiblement reproduite à l’infini à partir de cette source (attention .pdf). Et comme on peut s’y attendre pour un sujet d’une importance aussi capitale, il s’agit d’un travail universitaire.

En résumé et en français : le brave Engelbert Kaempfer, médecin, voyageur et naturaliste de son état décide de passer deux ans au Japon (tout le monde fait ça ou bien ?) entre 1689 et 1691. Accompagné d’un fidèle interprète, il prend des notes, notamment sur les plantes qu’il rencontre et en particulier sur cet arbre qui le fascine au point qu’il en ramènera des plants en Europe.

Un ouvrage japonais sert de référence à ses notes, l’arbre y est appelé 銀杏 avec deux prononciations de proposées Ginkiyau ou Ginnan. Seulement dans son ouvrage de référence qu’il publie en 1712, l’arbre y est appelé Ginkgo. Apparemment la première prononciation y a été déformée. Les premiers chercheurs à s’être penchés sur le problème ont conclu à une déficience de l’imprimeur. Mais en allant un peu plus loin, on se rend compte que déjà dans les notes prises sur le vif de Kaempfer, l’erreur était déjà présente !

Il faut dire que à cette époque le Japon était encore largement inconnu, et il n’y avait pas de système de romanisation du japonais. Ce qui est dommage c’est que dans toutes ses autres notes, Kaempfer a « correctement » retranscrit le son kyo ! L’erreur serait bénigne si son livre n’avait pas fait son chemin jusque dans les mains de M. de Linné qui involontairement immortalise la faute de romanisation.

Ginkgo est donc une lecture ancienne d’un mot japonais provenant du chinois, plus une faute de romanisation… tout s’explique !

La deuxième lecture Ginnan est celle qui a perduré, et elle sert maintenant à désigner les « fruits » (il semblerait que ce ne soit pas à proprement parler des fruits), « comestibles » (je ne mangerais pas au Japon quelque chose que même un japonais me dit ne pas apprécier) et odoriférants de l’arbre. Les caractères chinois utilisés sont ceux pour argent et abricot.

Que signifie Ichou alors ? il s’agit de la prononciation « à la japonaise « du mot chinois (expliquant les katakana) signifiant : canard. Si les naturalistes ont utilisé le terme « biloba » (deux lobes) pour décrire la forme caractéristique de la feuille de l’arbre, d’autres ont choisi une comparaison animale.

Pour en finir avec les anecdotes, le Ginkgo est le symbole de la ville de Tokyo et également de l’université de Tokyo.

 

Le dernier tramway

novembre 14, 2010

Depuis longtemps j’avais envie d’emprunter la ligne de tramway Toden Arakawa. Cette ligne est souvent présentée comme le dernier tramway de Tokyo. Cependant wikipedia lui refuse cette appellation, sous prétexte qu’une autre ligne serait qualifiée de tramway bien qu’elle roule sur toute la longueur sur une voie dédiée. Il semblerait donc que son titre le plus exact soit : « La dernière ligne de tramway ayant encore des tronçons communs avec une route de Tokyo ».

De plus depuis avoir vu une exposition des « Cents vue de Edo » de Hiroshige, j’étais vaguement intrigué par le lieu appelé Oji qui paraissait regrouper à la fois des assemblées nocturnes de renards et d’impressionnantes cascades. Bien entendu, hélas, rien de tout cela n’a survécu à l’épreuve du temps et surtout de l’urbanisme dévorant… La rivière d’Oji demeure cependant entre le sanctuaire d’Oji et le parc Asukayama. Elle coule d’ailleurs dans une sorte de petite combe ombragée arrangée de façon sympathique avec de grosses pierres, surtout en cette période où le feuillage commence à changer de couleur à Tokyo.

Le sanctuaire d’Oji n’a rien de particulier, mais il est toujours amusant de passer en cette période de « shichi-go-san » (sept-cinq-trois) où les enfants qui sont dans leur septième, cinquième et troisième année mettent leur plus beaux kimono ou costume et vont se faire photographier au temple avec leur famille.

L’accès au parc Asukayama se fait à la vitesse de l' »Ascargot » (アスカルゴ). Il s’agit d’un mini-monorail qui a été mis en place en 2009 et qui permet d’accéder sans effort au sommet de la « colline » sur laquelle se situe le parc. Mini car il ne permet de gagner que 20 mètres de dénivelé. Quand à son nom, il partage quelque chose avec son apparence : une indéniable ressemblance avec certains gastéropodes.

Ce parc est très populaire pour le hanami, il me faudra donc y revenir au printemps. Enfin pour les amateurs de trains, et ils sont nombreux au Japon, on y trouve une ancienne locomotive à vapeur et une ancienne voiture de tramway. De plus à flan de coteau on a de jolies vues sur la gare de Oji.

La ligne Toden-Arakawa est le dernier vestige du réseau Toden qui a commencé en 1903 et qui, à son apogée, comptait plus de 40 lignes et 200 kilomètres de voies. On en voit d’ailleurs souvent dans les anciens films japonais. Elle doit sa survivance à un mouvement de soutien populaire : les habitants on refusé que cette ligne disparaisse au moment où toutes les autres ont fermé. Ce sont des tramways qui ne comportent qu’une seule (petite) voiture et dont la popularité rend l’usage … exigu. Disons que comme souvent au Japon, il est préférable d’aimer la promiscuité pour pouvoir apprécier toute la saveur du voyage. La sortie de la gare d’Oji en direction de Waseda avec son virage serré qui débouche sur une côte partagée avec les voitures est populaire auprès des photographes qui se pressent avec leurs reflex numériques pour capturer des images du petit tramway.

En matière de divertissement, samedi après-midi, les japonais catholiques (ça existe) et les brésiliens (la plus forte communauté japonaise à l’étranger est au Brésil, et un certain nombre de ces personnes et/ou leurs enfants sont retournés au Japon en quête de miracle économique) avaient le choix de l’arène, mais pas de l’architecte !

D’un côté messe solennelle en l’honneur du pape dans la jolie cathédrale Sainte-Marie de Tokyo. Au programme latin, chants grégoriens, salle comble et fichus de dentelles pour mesdames. La partie sympathique étant l’intercession faîte dans plusieurs langues, montrant quelles sont les communautés catholiques puissantes. Nous avons eu droit au coréen (je crois que la cathédrale est entretenue par une communauté coréenne), français, tagalog, portugais brésilien, waraynon (une autre langue parlée au Philippines) et japonais.

L’intérieur de la cathédrale est en béton brut, et plutôt que de miser sur une lumière naturelle, l’éclairage est assuré par deux spots aveuglants placés en hauteur, qui je suppose symbolisent une lueur divine…

De l’autre côté dans le stade de Yoyogi, ce n’est pas fichu, c’est mini-short : demie-finales de la coupe du monde de volleyball féminin entre le Japon et le Brésil. L’équipe de volley féminine du Japon vit un peu depuis 30 ans en perpétuelle quête de son passé glorieux. En effet entre 1960 et 1980 elles ont fait quatre finales olympiques se partageant les victoires avec l’URSS (2 or et 2 argent donc) et elles ont également fait 3 victoires et 3 finales pour les championnats du monde.

Depuis, le bilan est moins réjouissant, hélas, malgré la présence de Jeanne (dans le dessin animé, après le bronze des jeux de Los Angeles elles cherchaient à revenir au top pour Séoul).

Les brésiliennes étant numéro une mondiales et archi-favorites, malgré leur absence de victoire en championnat du monde, la question était de savoir si les japonaises allaient pouvoir créer l’exploit devant leur public… et une entame de match tonitruante a poussé à le croire car après avoir gagné le premier set 25-22 ; dans le deuxième set, après avoir sauvé je crois 8 ou 9 balles de set elles finissent par remporter la manche 35-33 (!) face à des brésiliennes ecoeurées, mais également piquée au vif !

Si la technique et la discipline collective des japonaises (ainsi qu’un public acquis à leur cause) leur on permis de gagner les deux premiers sets, la puissance et la taille des brésiliennes parle par la suite (avec une différence énorme au niveau des blocks) et elles s’imposent dans les trois derniers set 25-22, 25-22, 15-11.

Les japonaises vont-elles réussir à attraper une médaille tant convoitée face aux USA ; les brésiliennes, par ailleurs championnes olympique en titre vont-elle enfin achever leur rêve de coupe du monde en battant la Russie, à suivre aujourd’hui !

Et l’architecte dans tout ça ? Aussi bien le stade de Yoyogi, bâti pour les jeux olympiques de 1964, et la cathédrale Sainte-Marie ont été dessinés par l’achitecte Kenzo Tange.