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La fin du fin (1/3)

septembre 2, 2012

Récemment dans un sondage adressé aux employés mâles d’un site d’information web japonais, la France est ressortie première en réponse à la question : “Quel pays préféreriez-vous si vous deviez avoir une petite amie étrangère ?”. Pour expliquer ce choix les sondés ont bien entendu évoqué l’argument convenu de l’élégance des femmes françaises, mais le fait que les françaises seraient les mieux à même de comprendre les différents courants de la culture alternative japonaise aurait également joué un rôle important. (Je ne donne pas le résultat du sondage inverse, parce que la France n’a été citée que quatrième, derrière le Royaume-Unis et l’Italie et l’Allemagne ; malgré tout les anglais traînent encore, semble-t-il, une image de gentlemen).

D’ailleurs, le Japon a bien compris l’importance que sa culture prend à l’étranger (j’ai entendu une fois l’argument que si le thon rouge est en voie de disparition ce n’est pas parce que le Japon en consomme trop, mais c’est parce que tous les autres pays se sont mis voracement aux sushis !). Comme nous l’avons déjà évoqué, cette puissance culturelle, qui d’une certaine façon se substitue à une puissance militaire qui leur est interdite par leur constitution (pour combien de temps encore ?), a un nom : le soft-power.

La caution culturelle étant établie, cet article en trois parties va être dédié à trois séries de manga dont j’ai fini la lecture récemment. Deux d’entre elles se sont terminées cette année. Je viens juste de rattraper mon retard pour l’autre. Bien entendu, mon principal intérêt pour les lire est l’étude du japonais ! Blague à part, ce n’est vraiment pas un mauvais moyen d’apprendre le japonais je pense, car les images permettent de replacer les dialogues dans leur contexte et aident à deviner le sens des mots. De plus, les mangas ayant des thèmes variés, certains sont de vrais dictionnaires thématiques. Le seul problème pour certaines séries fantastiques, c’est que le vocabulaire utilisé n’est pas forcément en japonais “correct”.

Bakuman
Scénariste : Ōba Tsugumi (大場つぐみ)
Dessinateur : Obata Takeshi (小畑健)
Editeur : Shueisha (集英社)
Parution : Shukan Shonen Jump (週刊少年ジャンプ) de 2008 à 2012
Nombre de volumes (tankobon) : 20
Citation : そうですよね 連載になったって事は新妻さんの作品にも勝てるって判断ですもんね (C’est vrai ! Ils estiment que nous pouvons être plus populaires que Nitsuma puisqu’ils ont validé la série). Le vocabulaire de la série est centré sur le monde du manga et plus généralement de l’impression. Je pense que c’est un vocabulaire utile, et comme c’est une série du Shonen Jump, il y a les furigana (des petits caractères japonais phonétiques en marge des kanjis).

Bakuman est une bonne introduction sur les mangas car c’est un manga qui a pour thème les mangas ! Plus spécifiquement, la percée en tant qu’auteur des lycéens Mashiro Moritaka et Takagi Akito. Le premier a du talent pour le dessin. Il est même le neveu d’un auteur ayant connu un petit succès, mais la mort de ce dernier (par , 過労死 karoshi ou excès de travail) l’a éloigné de ce milieu. Le deuxième a plus un profil de premier de la classe : comme tous les jeunes il ambitionne de dominer le monde, et il voudrait le faire par le manga. Comme il ne sait pas dessiner, il demande à Moritaka de faire une équipe.

Le principal intérêt de ce manga est, au travers de l’évolution des deux héros, de décrire les différentes étapes de la publication des mangas, les interactions avec les éditeurs et les difficultés auxquelles les auteurs peuvent être confrontés. En France j’avais découvert les mangas sous la forme de volume, ce qui au Japon est appelé (単行本, tankobon, volume individuel). Mais il faut savoir qu’ici, la plupart de ces mangas sont d’abord publié sous la forme de feuilletons vendu dans des magazines.

Le plus célèbre de ces magazines est le Shukan Shonen Jump. C’est le magazine mis en scène dans Bakuman, mais c’est également le magazine dans lequel Bakuman fut publié ! Cet hebdomadaire a publié la plupart des hits qui sont connus en France comme Dragon Ball, Slamdunk, Naruto, One Piece…

Une fois sélectionnés pour écrire une série dans le magazine, précieux sésame pour avoir une source de revenus établie, pas question pour les auteurs de se reposer sur leurs lauriers. Puisqu’il s’agit d’un hebdomadaire, toutes les semaines, il faut préparer de dix à vingt pages, d’abord sous forme de storyboard visé par l’éditeur, puis sous forme de manuscrit finalisé à l’aide d’assistants qui aident à réaliser tous les détails qui n’ont pas directement trait au dessin des personnages principaux. Difficile également de prendre des vacances, puisque le magazine sort toute l’année. Mais surtout, toutes les semaines, les séries sont notées par les lecteurs, et les moins populaires passent à la trappe !

Au Japon le Jump est une véritable institution. Il n’est pas rare de voir des salarymen en costume noir lire, le jour de leur parution, les dernières aventures de leur héros favoris avant d’aller au travail le matin. Le tirage actuel est environ de 2,8 millions d’exemplaires (toutes les semaines), il a culminé dans les années 1990 à plus de 6 millions !

Ce qui donne énormément de sel à “Bakuman” c’est le jeu sur la mise en abyme du manga qui a pour thème un manga publié dans le même magazine. On sent qu’il y a une part autobiographique dans les doutes et les difficultés que rencontrent nos jeunes auteurs, et les solutions qu’ils leur apportent. Par exemple un de leur obstacle majeur pour atteindre une grande popularité est que les séries les plus populaires dans le magazine sont les séries de combat “classique” comme Dragon Ball. Mais les héros de Bakuman eux sont plutôt spécialisés dans les histoires un peu alternatives, ils vont donc développer le concept de “combat classique alternatif”. Cela se rapproche de ce que les auteurs ont fait avec Bakuman, où dans le cadre d’une histoire relativement originale, ils se sont arrangé pour avoir des phases d’affrontement entre les différents auteurs qui rivalisent pour la place de n°1 du manga.

Il faut dire que les auteurs de Bakuman sont expérimentés, puisque le dessinateur Obata Takeshi était déjà dessinateur de nombreuses séries, y compris l’excellent Hikaru no Go (ヒカルの碁, une série sur le jeu de Go), et que le duo avait déjà collaboré pour la série Death Note (デスノート), toutes ces séries étant bien sûr déjà publiées dans le Shonen Jump.

Les Attaquantes

août 14, 2012

Les lecteurs francophones savent surement déjà tout ce qu’il y a à savoir sur le palmarès des français lors de ces olympiades. La déception de l’escrime et les bonnes surprises de la natation, l’or à la perche, l’or en handball accompagné par les habituels débats sur l’universalité de tel ou tel sport (si j’en crois un collègue américain, le « hand ball » aux USA c’est un sport qui consiste à faire rebondir une balle contre un mur un peu façon pelote basque et qui fait fureur dans les cours de récré), l’argent en basket chez les femmes (le même collègue américain m’a répondu, quand je lui demandais s’il avait vu le match : « non, juste le résultat, tu sais qui étaient les adversaires ? »), …

Je voulais juste revenir, avant que le soufflet olympique ne retombe complètement sur deux résultats.

Or olympique en marathon pour Stephen Kiprotich. Ceci est surement du à la qualité de ses courses d’entrainement, une part non-négligeable doit venir de la concurrence qu’il a eu à affronter sur le marathon de Tokyo de cette année où il a fini 3ème.

Médaille de bronze pour l’équipe de volley féminine japonaise que nous étions allé voir lors du tournoi qualificatif (de façon complètement fair-play, le tournoi qualificatif monde a toujours lieu au Japon). Après leur médaille de bronze aux championnats du monde en 2010 (eux aussi organisés au Japon (pour la deuxième fois consécutive)), elles espéraient une médaille. Je dois avouer que leur qualification laborieuse m’avait un peu fait douter.

Finalement une victoire très étriquée contre la Chine en quart et une victoire contre la Corée du Sud en petite finale leur permet d’accrocher la médaille de bronze. Comme lors du championnat du monde elles ont échouées face au brésiliennes qui elles conservent leur titre olympique (elles vont avoir la pression dans quatre ans à Rio).

Avec cette médaille, l’équipe totalise deux médailles de chaque couleur. Leur plus belle médaille serait la médaille d’or gagnée en 1964 à Tokyo (encore déjà à domicile !) qui est au centre d’une scène du dernier opus d' »Always ».

Après avoir disputé la finale des quatre première olympiades où le volleyball était présent, à Los Angeles (1984), après le boycott de Moscou (1980), elles n’arrivèrent que à avoir la médaille de bronze. C’est le sujet de l’anime « Jeanne et Serge » que je suppose beaucoup de gens de notre génération ont regardé : l’équipe japonaise de volleyball réussira-t-elle à accrocher une médaille à Seoul (1988) ?

Et bien non, la disette devait frapper l’équipe jusqu’aux olympiades Londres en 2012. Finalement Jeanne n’aura eu à attendre sa médaille que 28 ans !